Bref historique
Les constructions anciennes, les monuments et les plaques commémoratives que l'on voit au Campus, ainsi que les noms qui servent à désigner les bâtiments et les rues, rappellent que le site n'est pas ordinaire et fait partie de notre patrimoine national.
Bien avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, les Amérindiens, qui vivaient surtout de chasse et de pêche, étaient familiers avec cet endroit. Ils y passaient et s'y attardaient lorsqu'ils descendaient ou remontaient la rivière Richelieu qui était alors connue sous le nom de « rivière aux Iroquois ». En 1609, peu après la fondation de Québec, Champlain y vint également et en 1666 le régiment de Carignan y construisit un fort destiné à contenir les Iroquois au sud du 45e parallèle. À l'époque de la guerre de Sept Ans plusieurs compagnies de régiments français y séjournèrent aussi et fortifièrent de nouveau la place. En 1748, le célèbre ingénieur militaire Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry y construisit un fort qui, dès 1757, à l'instigation du marquis de Montcalm, fut rénové de manière à renforcer le système de défense mis en place pour contrer l'envahisseur britannique. Ce fort fut brûlé par ses défenseurs le 29 août 1760, quelques jours à peine avant la capitulation de Montréal.
Des recherches archéologiques dans les années 80 ont permis de dégager, à quelques pas du mess des officiers, d'importants vestiges de cet établissement.
Avec la Conquête, le fort Saint-Jean ne disparut pas à tout jamais. Il fut reconstruit en 1775 et joua un rôle déterminant au cours de l'invasion du Canada par les Américains. On se souviendra que le général Richard Montgomery et son armée l'assiégèrent durant de longues semaines et que la résistance acharnée des Canadiens français et des troupes britanniques, sous le commandement du major Charles Preston, rendit finalement impossible la prise de Québec et du Canada tout entier. Grâce au fort Saint-Jean le projet des Américains de faire du Canada leur quatorzième état ou colonie avorta alors lamentablement. Le fort Saint-Jean fut par la suite converti en chantier maritime et joua un rôle important au cours des opérations qui aboutirent, en 1776, à la défaite de la flotte américaine du lac Champlain. C'est de cette époque que datent les impressionnants remparts qui accueillent encore de nos jours les visiteurs.
Il est impossible de résumer en quelques lignes ce qui se passa à Saint-Jean durant les 2 siècles qui suivirent l'échec des Américains. Pendant et après la « rébellion des Patriotes », 1837-38, le fort connut une expansion importante.
Plusieurs des bâtiments que l'on peut admirer aujourd'hui datent de cette époque. On sait aussi qu'en 1883 on y organisa une école d'infanterie, qui fut à l'origine du célèbre Royal Canadian Regiment. Le Royal Canadian Dragoons y séjourna aussi durant de nombreuses années et le Royal 22e Régiment y vit le jour en 1914. On se souviendra également que cet établissement abrita plusieurs centres d'instruction, dont l'importante École de formation de l'armée canadienne (CATS). En 1952 le Gouverneur général du Canada y inaugurait officiellement le Collège militaire royal de Saint-Jean (C.M.R.) qui ferma ses portes en 1995 et qui renaît en 2008.
- Date de modification :